Colloque E&D 2012 : reportage du café pédagogique
L’Ecole Fondamentale, Cité idéale ?
Durant trois jours, l’association "Ecole & Devenir" a réuni plus de cent personnes (chefs d’établissements, inspecteurs, professeurs) sur la question de l’école fondamentale. Derrière le terme, revendiqué par certains syndicats, mais remis aussi au gout du jour dans un sens très différent par Fondapol, l’idée d’organiser un système éducatif permettant moins de rupture entre le premier degré. Évidemment, au motif de développer la réussite des élèves, mais aussi avec l’idée de changer le fonctionnement de l’Ecole. Les débats, généralement policés, ont montré que la vie était peut-être moins simple que les projets de réformes, même généreuses...
Ouvrant les travaux, Christian Marois, Recteur de l’académie de Créteil, qui rappelle les difficultés sociales et économiques de nombre de familles de l’académie de Créteil, pense que « le socle pourrait être une bombe, parce qu’il pourrait fonder une évolution majeure, avec d’un côté l’école du Socle, de l’autre côté de bac – 3 à bac +3 ». Christian Forestier, administrateur général du CNAM, ancien recteur et directeur de cabinet de Jospin, insiste : les sorties sans qualification, dans les années soixante, concernaient 40% des élèves (sorties à la fin de 5e). Mais si dans les années 60, des jeunes pouvaient trouver du travail uniquement avec la partie pratique du CAP, sans avoir pu avoir la partie théorique. Ce n’est plus possible aujourd’hui, avec une croissance plus faible et une élévation des qualifications professionnelles. « La définition de l’échec scolaire lourd, aujourd’hui, c’est la sortie sans diplôme ». Le HCE a eu un rôle important pour que la France accepte le verdict des évaluations internationales comme PISA. « Nous avons le meilleur système du monde… pour la moitié de nos élèves ». Il relève que c’est de cette époque que date le projet de « socle commun », réaction à la prise de conscience de ce système à deux vitesses. « Tous les chiffres montrent que ce sont ces élèves sans qualification qui feront les troupes des jeunes au chômage (...)
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