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des décharges en éducation prioritaire ? - [Education et Devenir]
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Vincent Peillon envisage d’accorder une décharge aux enseignants d’ex ZEP. L’ébauche d’un nouveau statut ou la généralisation d’une décharge sans contrepartie ?

 Le ministre de l’Éducation prévoit de réduire le temps de travail des enseignants affectés en zone d’éducation prioritaire.


Vincent Peillon entend réduire le temps de travail des professeurs affectés en zones d’éducation prioritaire. « Ce que font ces enseignants pour la nation est considérable, or il n’y a pas une heure de décharge ! Il y a une prime de 100 euros », a déploré mercredi le ministre de l’Éducation, lors d’une audition à l’Assemblée nationale sur le projet de la loi de finances pour 2014. C’est en janvier 2014 qu’il précisera ses orientations pour réformer l’éducation prioritaire après des assises programmées en novembre. Des mesures seront mises en œuvre à partir de septembre 2014. Il promet de donner les moyens pour assurer « la pérennité » des équipes dans les établissements.

L’allégement du « temps de service » des enseignants, qui cumule à dix-huit heures hebdomadaires d’enseignement pour le titulaire d’un Capes, est une vieille revendication des syndicats. « Nous l’avons toujours demandée. Et en priorité dans les ZEP parce que les conditions y sont difficiles », indique Roland Hubert, du Snes-FSU, le syndicat majoritaire des enseignants du second degré. « Nous pensons qu’une telle mesure serait utile pour limiter le turn-over des jeunes enseignants dans les zones difficiles, renchérit Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones d’éducation prioritaire, même s’il ne s’agit que d’une heure de décharge, cette dernière permettra de reconnaître tout le travail accompli aujourd’hui bénévolement : le tutorat des élèves, les relations avec les familles, l’ensemble du travail collectif effectué dans l’établissement. »

L’observatoire signale toutefois que cette décision n’est « sans doute pas généralisable » : « Il s’agira sans doute de commencer là où les équipes sont les plus débordées. » Un allégement du temps de service pèserait en effet lourd dans le budget de l’État si elle concernait tous les enseignants des établissements ZEP. Elle imposerait plusieurs milliers d’embauches d’enseignants supplémentaires. Ces établissements que l’on appelle aujourd’hui « Éclair » ou encore « réseaux de réussite » accueillant désormais 1.041.287 élèves, soit près de 20% des écoliers et des collégiens contre 10% en 1983.

« Résultats décevants »


La réforme sur l’éducation prioritaire demandée par François Hollande ne fera pas l’impasse sur ce constat connu du saupoudrage des moyens. L’entrée en éducation prioritaire censée être provisoire se pérennise systématiquement. Y compris si la population initiale du quartier s’est enrichie. Car les enseignants ne souhaitent pas voir disparaître leurs primes, les chefs d’établissement les moyens supplémentaires. Sous la présidence de Jacques Chirac, le ministre Gilles de Robien avait promis de faire sortir certains établissements du dispositif. La promesse était restée lettre morte… Si l’observatoire des ZEP est favorable à l’idée de « concentrer les moyens », le Snes annonce d’ores et déjà qu’il n’est pas question « de déshabiller Paul pour habiller Jacques »…

Pourtant la faible efficience du dispositif est régulièrement dénoncée. En juillet, un énième rapport de diagnostic sur l’évaluation de l’éducation prioritaire faisait état de « résultats globalement décevants et inégaux ». L’éducation prioritaire souffre de son « extension et d’un saupoudrage » et de « moyens insuffisamment concentrés sur l’essentiel et l’efficacité de leur usage ».

Le ministère travaille aujourd’hui sur une nouvelle carte de l’éducation prioritaire recoupant la nouvelle géographie de la politique de la ville. Celle-ci devrait tourner autour de mille quartiers. Au-delà de l’éducation prioritaire, le ministre assure que « la question des conditions de travail des enseignants est au cœur de la refondation » de l’école. « Nous avons besoin d’enseignants respectés et accompagnés dans leurs tâches », souligne le ministre, selon qui « la question qui avait bloqué » lors des discussions précédentes était celle du « statut ». « Or ce n’est pas cela qu’il faut faire ! La question c’est le respect du métier », souligne le ministre. Mais les syndicats qui attendent toujours l’ouverture de discussions sur le sujet l’attendent surtout sur la question des moyens.

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