un propos introductif de Jean Paul Delahaye pour ouvrir le débat sur le Collège unique . Alain Savary disait en 1983, « Le collège unique est une ambition, une œuvre de plusieurs générations »
Jean-Paul Delahaye, en tant qu’historien des politiques scolaires, que pensez-vous des critiques dont le collège unique fait l’objet aujourd’hui ?
Au fond, le collège unique fait face à deux types de critiques qui s’expriment depuis l’origine. Les premières considèrent que l’objectif était mauvais en lui-même, voire démagogique, et donc inapplicable. Ceux-là refusent l’idée de classes hétérogènes, disent que certains élèves n’ont rien à faire au collège, sont des défenseurs du redoublement, ou prônent des solutions comme le préapprentissage précoce, évidemment pour les enfants des autres…
Le second type de critiques, et ma position est clairement celle-là, dit que les difficultés du collège unique proviennent ce qu’on n’a pas assumé la logique de la réforme jusqu‘au bout en ne donnant pas au collège un contenant et un contenu spécifiques au rôle qui est le sien : achever la scolarité obligatoire dans de bonnes conditions pour tous les élèves et préparer de façon différenciée les élèves à toutes les formations ultérieures.
La question du collège unique est donc d’abord, me semble-t-il, une question politique avant d’être une question pédagogique : est-ce que notre pays veut, oui ou non, donner un tronc commun de formation à tous les jeunes pendant la scolarité obligatoire et donc organiser la scolarité obligatoire de ces jeunes dans une école commune ?
Si la réponse est clairement oui, alors les ministres, les cadres et les enseignants devront agir en conséquence.
C’est parce que la réponse n’a jamais été claire que l’on ne cesse de bricoler, parfois avec génie, des dispositifs pédagogiques chargés de résoudre la quadrature du cercle !
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http://avenirducollege.wordpress.com/2010/09/20/la-france-est-toujours-a-la-recherche-de-son-ecole-moyenne/
le blog du SE-UNSA pour ouvrir le débat sur le collège unique