Éducation et devenir

EPLE : le Snes-FSU veut se mettre d’accord avec le SNPDEN-Unsa sur la notion « d’autonomie »

Dépêche AEF du 13 mai 2009

dimanche 13 septembre 2009 par Claude Lasseigne

Autonomie et pilotage des EPLE, création d’un corps unique chefs d’établissement-inspecteurs, réforme du lycée : les représentants syndicaux, invités à s’exprimer à la tribune du neuvième Congrès du SNPDEN-Unsa, mardi 12 mai 2009 à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), ont rebondi sur les questions soulevées par son secrétaire général sortant, Philippe Guittet. Ils ont lancé un appel au dialogue.

QUELLE AUTONOMIE ?

« Si nous voulons travailler ensemble en nous appuyant sur nos convergences, il faudra aussi évoquer nos divergences », déclare Roland Hubert, co-secrétaire général du Snes-FSU ; et la définition de l’autonomie de l’EPLE en fait partie. « Il faut s’entendre sur la notion d’autonomie : quelle autonomie voulons-nous pour les EPLE, quel rôle pour le conseil d’administration et pour le chef d’établissement ? », poursuit Roland Hubert. « L’autonomie ne doit pas être une autonomie concurrentielle. Il est donc d’autant plus important de se mettre d’accord sur le principe que la carte scolaire va disparaître. » À l’automne « nous avons bien discuté avec le SNPDEN sur la réforme du lycée, il faut que cela continue », conclut-il.

MALAISE DES GESTIONNAIRES

Pour Jean-Yves Rocca, secrétaire général d’A&I, l’autonomie de l’EPLE passe entre autres par la mise en place de la charte de pilotage des EPLE, qui fait du gestionnaire le véritable adjoint du chef d’établissement. Sur le sujet, le syndicat de gestionnaires est demandeur d’une collaboration renforcée avec le SNPDEN : « Nous avons regretté que notre fructueuse collaboration s’arrête à la signature de cette charte en 2007 », explique-t-il à l’AEF. En effet, « si aujourd’hui la charte n’est pas appliquée, ce n’est pas la faute du ministère qui l’a inscrite dans les textes, ni même des recteurs mais du SNPDEN. S’il ne joue pas le jeu, le malaise des gestionnaires va s’accentuer », assure-t-il (L’AEF n°98246).

Selon lui, l’avenir des gestionnaires, et donc de l’EPLE, en dépend : « Décentralisation, filière de métier interministérielle : avec le troisième acte de la décentralisation, il y aura des choix à faire », prévient-il. À la tribune, Jean-Yves Rocca a rappelé l’attachement du syndicat à la création d’une grande filière interministérielle de métier. Ainsi, A&I votera lors de son congrès de Chalais du 2 au 4 juin, une modification des statuts qui lui permettra d’inscrire l’interministérialité dans ses objectifs, et donc de s’ouvrir à des fonctionnaires hors éducation.

PILOTAGE PARTAGÉ AVEC LES INSPECTEURS

Autre sujet évoqué lors de ces interventions : l’avenir de la fonction de chef d’établissement. Dans son discours d’ouverture, Philippe Guittet s’est prononcé en faveur de la création d’un seul corps, réunissant chefs d’établissement et inspecteurs (L’AEF n°113779). Une revendication également défendue à la tribune par Patrick Roumagnac, secrétaire général du Sien-Unsa. Philippe Guittet a annoncé lundi 11 mai dans le cadre de la négociation menée avec la direction de l’encadrement, la possibilité donnée à des chefs d’établissements d’accéder à la l’échelle de rémunération B3, d’ordinaire réservée aux IA-IPR dans le cadre d’un « Ã©chelon fonctionnel » (L’AEF n°1113779).

« Nous partageons avec vous une culture commune d’encadrement », assure quant à lui Patrick Duprat, correspondant académique pour l’Esen du Snia-IPR : un lien « consacré par le ’pilotage partagé’ ». Dans cette mesure, le syndicat s’engage à défendre « autonomie et liberté pédagogique » aux côtés des personnels de direction.

Cependant, en tant que « cadres intermédiaires du système éducatif », les inspecteurs « ont pour obligation le respect de la loyauté qui nous met en tension avec [leurs] aspirations. ». C’est la « limite » de l’action syndicale, reconnaît le secrétaire général.

BESOIN DE RÉFORME DU LYCÉE

Dans son discours, le secrétaire général du SE-Unsa, Luc Bérille, qui remettra son mandat au conseil national « la semaine prochaine », insiste sur le « besoin urgent de réforme » du lycée, mais aussi de la formation des enseignants. « On peut imaginer que la montagne Descoings accouchera d’une souris [concernant la réforme du lycée]. Certains pourraient l’interpréter comme une victoire syndicale, on a les victoires qu’on peut », souligne-t-il.


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